A la fin du 19ème siècle, des clichés pris par des missionnaires parviennent en Angleterre et suscitent une profonde indignation. Les mutilations ont été photographiées à dessein sur fond blanc pour renforcer l'impact. Les enfants sont originaires du Congo. L'homme accusé d'être leur tortionnaire est un Blanc européen, une tête couronnée.
Les preuves d'un des plus grands génocides du 19ème siècle ont été ignorées durant près de 100 ans. Des millions d'Africains sont morts pour assouvir la soif de richesse et de gloire d'un seul homme. Un roi a poussé la cruauté à son paroxysme bien avant l'arrivée d'Adolf Hitler. Léopold II, roi des Belges, possède à titre privé 2,5 millions de kilomètres carrés de terres en Afrique centrale, il règne sur 20 millions d'Africains (soit deux fois la Région Ile-de-France).
De 1880 à 1900, la création d'usines de bicyclettes et d'automobiles en Europe et aux Etats-Unis fait naître un immense besoin de caoutchouc pour la fabrication des pneus.
L'Etat Indépendant du Congo de Léopold II possède les plus grandes forêts d'arbres à caoutchouc de la planète. Le roi détient une mine d'or, d'or blanc. Il est déterminé à fournir le maximum de cette matière première à l'industrie européenne et ce, à un rythme infernal.
Durant 20 ans, Léopold II transforme le Congo, 80 fois plus grand que la Belgique, en un immense camp de travail forcé. Le commerce du caoutchouc en fait l'un des hommes le plus riche du globe. Ses profits augmentent au même rythme du nombre de morts. Plus Léopold II renforce sa main mise sur le Congo, plus les preuves accablantes s'accumulent contre lui. Les missionnaires, les voyageurs et même les victimes clament tout haut et fort qu'il faut mettre un terme aux agissements du roi.
Mais en vain...